Le chlorothalonil est un fongicide à large spectre d’activité qui avait de nombreux usages agricoles, notamment en grandes cultures (blé, orge, pois protéagineux…) et en cultures légumières. Les usages de produits à base de chlorothalonil sont interdits, en France, depuis mai 2020. Cette substance active a également fait l’objet d’une évaluation dans le cadre du programme d’examen des substances biocides pour 5 usages, dont la protection des matériaux de construction. Il n’est plus autorisé dans les produits biocides depuis 2011.
Dans le cadre de ses missions de référence, l’ANSES contribue à renforcer les connaissances relatives à la qualité sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) avec des campagnes nationales de mesures de composés émergents. Entre 2020 et 2022, l’ANSES a ainsi recherché 157 molécules phytosanitaires (substances actives ou métabolites) dans les eaux (lien vers le document). 89 molécules ont été quantifiées au moins une fois ; la campagne de mesures a par ailleurs montré des fréquences de quantification élevées pour plusieurs métabolites du chlorothalonil :
- Le chlorothalonil R471811 (métabolite secondaire notamment produit par la dégradation du chlorothalonil R417888) était le composé le plus fréquemment quantifié (fréquences de quantification de 60% en eaux brutes et 57% en eaux traitées), avec des dépassements réguliers du seuil de 0,1 μg/L ;
- Dans une moindre mesure, un second métabolite, le chlorothalonil SA (R417888), était aussi fréquemment quantifié dans les eaux traitées ;
- 3 autres métabolites du chlorothalonil ont été testés dans cette étude mais restaient globalement peu fréquemment quantifiés.
Par ailleurs, l’ANSES a été saisie en 2023 pour (ré)évaluer la pertinence de certains métabolites du chlorothalonil. L’avis du 29 avril 2024 (lien vers le document) qualifie le métabolite R471811 comme non pertinent pour les eaux destinées à la consommation humaine et, par extension, dans les nappes d’eau souterraine. Le métabolite R417888 reste considéré comme pertinent.
Concernant le contrôle sanitaire déployé en Auvergne‑Rhône‑Alpes :
- Le chlorothalonil est recherché de manière quasi‑systématique depuis plusieurs années mais ne présente pas de quantification ;
- Le métabolite R471811 du chlorothalonil a intégré le contrôle sanitaire en octobre 2023. Comme attendu, il s’agit depuis de l’une des molécules les plus fréquemment quantifiées à l’échelle de la région ;
- Le métabolite R417888 a été ajouté au contrôle sanitaire à compter du 1er janvier 2025 (de même que le chlorothalonil 4‑hydroxy). Il a fait l’objet de quelques recherches ponctuelles en 2024 mais demeurait très peu quantifié sur notre territoire ;
- Les autres métabolites n’étaient pas recherchés en 2024.
Il conviendra de rester vigilant dans les années à venir, pour suivre les évolutions de ces quantifications dans les différents compartiments de l’environnement.
| Code SANDRE | Nom molécule | Usage phyto | Interdiction phyto | Métabolite | Pertinence EDCH | Biocide |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1473 | Chlorothalonil | Fongicide | 2020 | 2011 | ||
| 7715 | Chlorothalonil 4-hydroxy | Oui | Oui | |||
| 7717 | Chlorothalonil SA (R417888) | Oui | Oui | |||
| 8865 | Chlorothalonil R471811 | Oui | Non | |||
| 8864 | Chlorothalonil R419492 | Oui | Oui |
Le Glyphosate est un herbicide total (non sélectif) à pénétration foliaire. Il est potentiellement utilisable par tout type d’utilisateur (uniquement les professionnels depuis le 1er janvier 2019), avec toutefois des restrictions d’usages depuis le 1er janvier 2017 pour les personnes publiques. Ces restrictions d’usages ont été étendues à tous les utilisateurs non agricoles depuis le 1er juillet 2022.
Le Glyphosate est notamment utilisé :
- en culture, avant le semis et après la récolte ;
- pour désherber l’inter‑rang et les « tournières » des cultures pérennes ;
- en « zones non agricoles », quand l’entretien en désherbage chimique reste autorisé dans le cadre de la loi Labbé.
L’AMPA est la molécule la plus quantifiée dans les eaux superficielles, avec des concentrations fréquemment supérieures à 0,1 μg/L. Il s’agit de la première molécule de dégradation du Glyphosate ; elle peut aussi être issue de la dégradation de certains détergents et produits de lessive contenant des aminophosphonates. L’AMPA a été classé, en juin 2025, non pertinent pour les eaux destinées à la consommation humaine et, par extension, dans les eaux souterraines.
Le Glyphosate et l’AMPA possèdent une forte capacité à être fixés sur les particules fines du sol ainsi que sur la matière organique. Ces 2 molécules sont donc peu disponibles pour être entrainées par infiltration vers les ressources d’eaux souterraines. Elles sont, en revanche, entraînées avec les particules fines présentes dans les ruissellements de surface.
Le 22 juin 2018, le gouvernement français s’est engagé dans un plan de sortie du Glyphosate qui vient compléter la stratégie nationale de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. Des restrictions de certains usages agricoles sont mises en place depuis 2020 : on observe ainsi une baisse constante des quantités de Glyphosate vendues sur la région AURA entre 2018 et 2023. Les quantités de Glyphosate vendues repartent à la hausse en 2024 mais restent très inférieures aux volumes enregistrés en 2018. Les conséquences de ces orientations ne sont pas encore visibles sur les résultats d’analyses.
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