Terbuthylazine et métabolites

La terbuthylazine déséthyl est la principale molécule de dégradation de la terbuthylazine. Il s’agit d’un herbicide de la famille des triazines qui était utilisé, seul ou en mélange (avec du diuron notamment) en viticulture, en arboriculture et en zones non agricoles.

Entre 2003 et 2017, aucun produit contenant de la terbuthylazine n’était homologué en France. Depuis 2017, des spécialités commerciales à base de terbuthylazine, en mélange avec de la mésotrione, sont homologués en France pour désherber les cultures de maïs, en post‑levée précoce (les proportions de terbuthylazine restent toutefois relativement faibles dans ces nouveaux produits). Les chiffres de vente de ces nouveaux produits à base de terbuthylazine ont fortement augmenté entre 2017 et 2020 et restent relativement stables depuis. Ces chiffres restent cependant plutôt modérés, de l’ordre de 10 à 12 tonnes par an (source BNVD).

Les fréquences annuelles moyennes de quantification de terbuthylazine et terbuthylazine déséthyl restent globalement stables depuis plusieurs années dans les eaux souterraines, de l’ordre de 3 à 5%. On constate en revanche une hausse significative, dès 2018, des quantifications de ces différentes molécules dans les rivières, notamment au printemps.

Dès 2021, le comité de suivi des autorisations de mise sur le marché de l’ANSES a fixé de nouvelles recommandations pour l’emploi d’herbicides maïs à base de terbuthylazine afin de protéger les organismes aquatiques (lien vers le document) :

  • Limiter le nombre de traitements à base de produits contenant de la terbuthylazine à maximum une application tous les 3 ans ;
  • Respecter une zone non traitée (ZNT) de 20 mètres incluant un dispositif végétalisé permanent de 5 mètres en bordure des points d’eau.

Le spectre d’efficacité de cette substance active (et son positionnement) est différent de celui du S‑métolachlore : il s’agit plutôt d’un complément de désherbage qui ne remplace pas un traitement de prélevée.

Avec l’interdiction du S‑métolachlore, les quantifications de mésotrione et de terbuthylazine (utilisées en association pour le désherbage de cultures de printemps) devront malgré tout être surveillées , dès le début de la campagne culturale 2025, pour étudier un éventuel report vers ces substances actives pour le désherbage des cultures de printemps.

Code SANDRENom moléculeUsage phytoInterdiction phytoMétabolitePertinence EDCHBiocide
1268TerbuthylazineHerbicide
1954Terbuthylazine 2-hydroxyOuiNon
2045Terbuthylazine desethylOuiNon
7150Terbuthylazine desethyl 2-hydroxyOuiNon

Le Glyphosate est un herbicide total (non sélectif) à pénétration foliaire. Il est potentiellement utilisable par tout type d’utilisateur (uniquement les professionnels depuis le 1er janvier 2019), avec toutefois des restrictions d’usages depuis le 1er janvier 2017 pour les personnes publiques. Ces restrictions d’usages ont été étendues à tous les utilisateurs non agricoles depuis le 1er juillet 2022.

Le Glyphosate est notamment utilisé :

  • en culture, avant le semis et après la récolte ;
  • pour désherber l’inter‑rang et les « tournières » des cultures pérennes ;
  • en « zones non agricoles », quand l’entretien en désherbage chimique reste autorisé dans le cadre de la loi Labbé.

L’AMPA est la molécule la plus quantifiée dans les eaux superficielles, avec des concentrations fréquemment supérieures à 0,1 μg/L. Il s’agit de la première molécule de dégradation du Glyphosate ; elle peut aussi être issue de la dégradation de certains détergents et produits de lessive contenant des aminophosphonates. L’AMPA a été classé, en juin 2025, non pertinent pour les eaux destinées à la consommation humaine et, par extension, dans les eaux souterraines.

Le Glyphosate et l’AMPA possèdent une forte capacité à être fixés sur les particules fines du sol ainsi que sur la matière organique. Ces 2 molécules sont donc peu disponibles pour être entrainées par infiltration vers les ressources d’eaux souterraines. Elles sont, en revanche, entraînées avec les particules fines présentes dans les ruissellements de surface.

Le 22 juin 2018, le gouvernement français s’est engagé dans un plan de sortie du Glyphosate qui vient compléter la stratégie nationale de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. Des restrictions de certains usages agricoles sont mises en place depuis 2020 : on observe ainsi une baisse constante des quantités de Glyphosate vendues sur la région AURA entre 2018 et 2023. Les quantités de Glyphosate vendues repartent à la hausse en 2024 mais restent très inférieures aux volumes enregistrés en 2018. Les conséquences de ces orientations ne sont pas encore visibles sur les résultats d’analyses.

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