Le S‑métolachlore est un herbicide principalement utilisé en grandes cultures (maïs, soja, tournesol…), en stratégie de désherbage de prélevée ou de postlevée précoce. Compte‑tenu de son efficacité pour gérer les graminées estivales, il s’agit de la molécule la plus utilisée, en quantité, pour le désherbage du maïs et du tournesol en région AURA. Le S‑métolachlore et ses principaux métabolites sont, de fait, fréquemment quantifiés dans les eaux, notamment au printemps.
Les principaux métabolites du S‑métolachlore sont classés non pertinents pour les eaux destinées à la consommation humaine et, par extension, dans les eaux souterraines.
A noter : le métolachlore et le S‑métolachlore sont 2 stéréoisomères que les méthodes d’analyses ne permettent pas de distinguer sans surcoût. Les quantifications actuelles de métolachlore (et de ses métabolites) résultent essentiellement d’une utilisation plus récente de produits phytosanitaires autorisés contenant du S‑métolachlore.
Le 20 avril 2023, l’ANSES a procédé au retrait des principaux usages (hors betterave) des produits à base de S‑métolachlore. Cette décision découle des évaluations menées par l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) et l’ANSES, dans le cadre du processus de ré-homologation de la substance active au niveau européen :
- Dans son avis du 20 janvier 2023, l’ANSES a constaté un risque de pollution des eaux souterraines par les métabolites du S‑métolachlore (lien vers le document) ;
- L’EFSA a confirmé ces conclusions dans son rapport du 28 février 2023, dans lequel elle relève 2 points de « préoccupations critiques » concernant
les pesticides à base de S‑métolachlore (lien vers le document).
Les spécialités commerciales contenant du S‑métolachlore sont interdites d’utilisation depuis la fin de la campagne culturale 2024. Le retrait de cette substance active intervient après plusieurs années de travail pour limiter l’impact du S‑métolachlore et de ses métabolites :
- Fin septembre 2021, le comité de suivi des autorisations de mise sur le marché de l’ANSES a fixé de nouvelles recommandations pour l’emploi d’herbicides à base de S‑métolachlore afin de préserver la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (lien vers le document) :
- Pour les applications sur maïs, sorgho, tournesol et soja : réduction de la dose annuelle à 1 000 g/ha de S‑métolachlore ;
- Pour les applications sur maïs, sorgho, tournesol, soja et betteraves : intérêt d’une zone non traitée de 20 mètres incluant un dispositif végétalisé permanent de 5 mètres en bordure des points d’eau ;
- Pour toutes les cultures : interdiction d’appliquer ces produits sur parcelle drainée en période d’écoulement des drains.
- Conscients des risques pour l’environnement et pour les ressources destinées à la production d’eau potable, les professionnels agricoles ont aussi pu intégrer cette problématique localement. Deux exemples :
- Dans l’Allier, les principaux organismes professionnels agricoles ont signé, dès 2017, une charte visant l’optimisation et la réduction des utilisations de S‑métolachlore (lien vers le document).
- Syngenta, principal fabricant de produits à base de S‑métolachlore, a proposé des mesures préventives pour mieux encadrer l’usage de la molécule. Ainsi, la firme a publié des consignes relatives à l’emploi du S‑métolachlore, mises à jour début 2022 (lien vers le document). Il était, entre autres, préconisé de ne pas utiliser ces produits dans les zones à enjeux eau (dont aires d’alimentation de captages…).
Suite à l’arrêt des produits à base de S‑métolachlore, plusieurs stratégies sont envisagées pour le désherbage des cultures de printemps :
- La réduction des doses de produits phytosanitaires appliquées, avec notamment des techniques de traitement uniquement sur le rang, complété par du désherbage mécanique ;
- L’utilisation de plusieurs substances actives encore autorisées :
- DMTA‑P pour les applications en prélevée / post-levée précoce ;
- Pendiméthaline ou association de mésotrione et terbuthylazine pour les stratégies de postlevée.
L’évolution de ces quantifications dans les eaux devra être surveillée pour étudier les éventuels reports des utilisations de S‑métolachlore.
| Code SANDRE | Nom molécule | Usage phyto | Interdiction phyto | Métabolite | Pertinence EDCH | Biocide |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1221 | Metolachlore | Herbicide maïs | 2024 | |||
| 6854 | Metolachlore ESA | Oui | Non | |||
| 6853 | Metolachlore OXA | Oui | Non | |||
| 7729 | Metolachlore NOA | Oui | Non |
Le Glyphosate est un herbicide total (non sélectif) à pénétration foliaire. Il est potentiellement utilisable par tout type d’utilisateur (uniquement les professionnels depuis le 1er janvier 2019), avec toutefois des restrictions d’usages depuis le 1er janvier 2017 pour les personnes publiques. Ces restrictions d’usages ont été étendues à tous les utilisateurs non agricoles depuis le 1er juillet 2022.
Le Glyphosate est notamment utilisé :
- en culture, avant le semis et après la récolte ;
- pour désherber l’inter‑rang et les « tournières » des cultures pérennes ;
- en « zones non agricoles », quand l’entretien en désherbage chimique reste autorisé dans le cadre de la loi Labbé.
L’AMPA est la molécule la plus quantifiée dans les eaux superficielles, avec des concentrations fréquemment supérieures à 0,1 μg/L. Il s’agit de la première molécule de dégradation du Glyphosate ; elle peut aussi être issue de la dégradation de certains détergents et produits de lessive contenant des aminophosphonates. L’AMPA a été classé, en juin 2025, non pertinent pour les eaux destinées à la consommation humaine et, par extension, dans les eaux souterraines.
Le Glyphosate et l’AMPA possèdent une forte capacité à être fixés sur les particules fines du sol ainsi que sur la matière organique. Ces 2 molécules sont donc peu disponibles pour être entrainées par infiltration vers les ressources d’eaux souterraines. Elles sont, en revanche, entraînées avec les particules fines présentes dans les ruissellements de surface.
Le 22 juin 2018, le gouvernement français s’est engagé dans un plan de sortie du Glyphosate qui vient compléter la stratégie nationale de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. Des restrictions de certains usages agricoles sont mises en place depuis 2020 : on observe ainsi une baisse constante des quantités de Glyphosate vendues sur la région AURA entre 2018 et 2023. Les quantités de Glyphosate vendues repartent à la hausse en 2024 mais restent très inférieures aux volumes enregistrés en 2018. Les conséquences de ces orientations ne sont pas encore visibles sur les résultats d’analyses.
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